Ma fille est enceinte, mon fils va être papa!

A tous les parents

C'est souvent un choc d'apprendre que sa fille est enceinte si jeune ou que son fils va être papa. Vous vous demandez sûrement s'ils vont être capable d'élever un enfant et s'ils se rendent compte des responsabilités que ça engendre.

Votre enfant a besoin de pouvoir s'exprimer et d'être entendu. De préférence, prenez le temps d'aller discuter avec un ami ou une amie pour gérer vos propres émotions. Si vous réagissez trop brusquement, cela peut conduire à des conflits et provoquer des souffrances inutiles. Prendre une décision aussi importante qu'interrompre ou poursuivre une grossesse à cet âge est laborieux. Plus d'un aura juste eu très peur avaant de venir vous en parler! Et je me souviens que j'avais eu l'impression moi-même de ne pas avoir tout à fait le droit de décider seule, parce que j'étais si jeune (16 ans), que je pensais que mes parents avaient le droit de choisir à ma place. Le cadre légal est clair : ce n'est pas votre décision mais la sienne, la leur. 

La jeune fille enceinte est déjà pénalisée par la situation dans laquelle elle se trouve. Elle se rend très probablement compte de la situation délicate dans laquelle elle se trouve. Il ne faut pas oublier non plus que la grossesse peut être le résultat d’un préservatif cassé ou d’une pilule qui n’a pas fonctionné. Le simple fait d’en parler à ses parents est un obstacle non négligeable qui devrait être reconnu comme une force. Si les parents réagissent positivement, en proposant à leur fille ou leur fils d’ouvrir le dialogue sans violence ni contrainte, les deux parties sont gagnantes. La communication facilite les rapports enfants-parents et permettent à chacun d’exposer ses idées et ses sentiments quant à la problématique. On évitera de la sorte les grands conflits familiaux. On peut faire recours à un médiateur si cela semble trop difficile.

J’ai aussi envie de dire et de rappeler que l’adolescente se sent parfois prête à accepter sa grossesse. J’ai personnellement ressenti une grande force intérieure, presque mystérieuse. A 15 ans, accueillir un enfant est de l’ordre du possible. Une fille qui dit avoir envie de son bébé n’est pas une insensée. Ce qui a toute son importance, c'est de prendre vos soucis l'un après l'autre et d'échanger ensemble. Des solutions peuvent être élaborées en groupe. Votre enfant a besoin de vous particulièrement comme soutien. "Quoiqu'il arrive, nous serons là" permet de détacher la décision finale de votre réaction et autorise la prise de responsabilité et l'autonomie, même si cela peut paraître paradoxal.

Les adolescentes mamans ont un avenir. Il me paraît logique qu’on puisse se faire du souci. Pour bien s’en sortir, les mamans ado ont surtout besoin du soutien de leurs parents et si possible du père de leur enfant. Les problèmes trouvent leurs solutions au cours de la grossesse, peu à peu. Une jeune maman qui continue sa formation, par exemple, peut de la sorte sortir de sa marginalité, acquérir un métier et subvenir à ses besoins.
Une femme de 30 ans rencontrera les mêmes sentiments, les mêmes peurs, si elle attend son premier enfant, que celle de 15 ans. Toutefois, la fille de 15 ans a besoin d’un plus grand soutien moral, parce qu’elle doit défendre son droit à la maternité auprès des copains, de la famille et des professionnels de la santé. Si vous, en tant que parents, soutenez votre fille enceinte, vous lui offrez un climat favorable à une grossesse adolescente réussie, et vous lui donnez de plus grandes chances pour devenir une maman épanouie. Il est d’ailleurs évident qu’une maman ado soutenue par ses parents a beaucoup plus de chances d’avoir une vie convenable qu’une jeune maman qui doit se débrouiller seule ou recourir à d’autres aides.

Le jeune futur papa aussi a besoin de ses parents. Il a besoin d'entendre qu'il est aussi partie prenante de la situation. Sa copine a probablement besoin qu'il exprime son avis, tout en étant à son écoute aussi. Un jeune homme qu'on autorise et encourage à assumer le fera plus facilement. Il doit réussir à accepter que, contrairement à la jeune future maman, la décision finale ne lui appartient pas. Ce peut être difficile! 

Merci à tous ceux qui nous soutiennent !

Karine, maman la première fois en 1999 à l’âge de 16 ans

Photo de Alexandra Gorn

Photo de Roman Kraft

Besoin d'en parler?

Notre association est aussi là pour les futurs grands-parents. Nous répondons volontiers à vos questions par mail à contact@jeunesparents.ch ou par téléphone à 077 474 73 37.